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Run Carolina, run !

Comment je me suis retrouvée coincée dans la “ceinture biblique” (et pourquoi je n’arrive pas à la déboucler)

J’écris cet article en réaction au post de blog d’une de mes camarades britanniques, elle aussi expatriée pour une année d’études en terre Caroline. 

Lire ses articles est un plaisir, tant pour son style littéraire que pour ses analyses pertinentes sur des phénomènes qu’on peut observer sur le campus de USC (si bien qu’elle est souvent publiée dans le journal de l’université). Je me suis toutefois sentie obligée de m’attarder sur le dernier tant il m’a paru plein de naïveté et de complaisance. Le sujet traité est un aspect de la culture américaine à propos duquel je me suis déjà offusquée dans un statut Facebook il y a quelques mois et qui avait fait réagir pas mal de personnes. Car oui, quand on parle de laïcité et de religion en tant que fervente défenseuse des valeurs chères à notre République, je ne peux m’empêcher de faire un commentaire (ou un article).

Il faut dire que je suis aussi arrivée ici la fleur au fusil avec mes beaux principes de laïcité et de tolérance religieuse pour me retrouver en plein dans la “Bible Belt”. 

La Baïbeule Bèlte ? Sékoissa? 

Concrètement, sur une carte des U.S. ça donne ça:

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Pour Wikipédia “la Bible Belt, littéralement la ceinture de la Bible, est une zone géographique et sociologique des Etats-Unis dans laquelle vit un nombre élevé de personnes se réclamant d’un « protestantisme rigoriste », terme recevant la désignation de fondamentalisme chrétien dans la sphère américaine”.

Bref, la messe est dite. 

Quand pour la première fois j’ai entendu “Bah ouais ici on est en plein dans la Bible Belt" c’était comme si on m’avait dit "Bah ouais ici on est en plein milieu de la jungle. Il faut éviter de provoquer les indigènes (les fondamentalistes religieux). Et fais attention à ce qu’ils ne te mordent pas sinon tu vas te transformer en témoin de Jéhovah!". Comment vous dire que j’ai soudain eu l’impression de passer mon année d’études à l’étranger en terre hostile et inhospitalière. 

Je vous rassure, je ne suis pas si aveugle. J’avais bien remarqué toutes ces marques de religiosité à outrance, j’ignorais juste l’existence de l’expression “Bible belt”. Pour ne citer que les exemples les plus courants (et pas seulement spécifiques au Sud Est):

  • les billets où on peut lire “In God We Trust" ("En Dieu nous croyons")image
  • des voitures qui portent ce genre des plaques d’immatriculation ou de stickers image

    imageOui oui vous avez bien lu, cette voiture est protégée par la sang de Jésus Christ… Rien que ça!

  • au moins une église/lieu de culte tous les deux pâtés de maisons. Et dans toutes les déclinaisons de chaque confession surtout pour le protestantisme. Méthodiste, Baptiste, Grecque orthodoxe, Catholique, Témoins de Jéhovah, synagogue… même la Scientologie est là…
  • sans parler du fait que le président des Etats-Unis termine tous ses discours par un “God Bless America

La religion a tellement d’importance ici que, comme l’a souligné ma camarade britannique, athée elle aussi, ne pas croire en Dieu relève de l’exception. Quand on est athée/agnostique, on est marginal ici, à tel point qu’à USC, ces personnes là ont constitué une association qui tient des meetings hebdomadaires (vous saurez où me trouver le mardi soir de 7 à 8). Chose étonnante pour nous quand on sait que la majorité des Français est sans religion ou non pratiquante. 

Il faut dire que les premiers migrants qui sont arrivés aux Etats-Unis avaient fui l’Europe à cause des persécutions religieuses qui les empêchaient de pratiquer leur culte en toute quiétude. La terre vierge qu’ils ont trouvé de l’autre côté de l’Atlantique était une opportunité unique pour eux d’affirmer leurs croyances sans risquer de se faire clouer la tête sur un piquet ou de se faire brûler les maisons par des intégristes de l’autre bord. Et puis il y a eu l’esclavage. Une institution qui a fortement marqué l’histoire des Etats-Unis et qui a contribué à diviser la population en “catégories ethniques” que les Américains appellent sans langue de de bois “races”. Il faut savoir que la Bible a à la fois justifié l’instauration puis l’abolition d’une institution qui a sapé la dignité de millions de personnes pendant près de quatre siècles. Aujourd’hui, l’héritage d’un tel passé est encore très présent puisque les Afro Américains sont dans la grande majorité des fervents pratiquants. Cela se comprend parfaitement quand on sait que même si l’Eglise catholique (le christianisme donc) avait consacré la traite des Noirs, c’est dans la Bible que les esclaves noirs ont trouvé un soutien pour supporter leur condition et au final y trouver une tradition émancipatrice face à la suprématie blanche. 

La liberté religieuse c’est bien beau donc, mais ce n’est pas pour autant que le climat social est meilleur. Au contraire (comme disent les Américains), il est effarant de voir à quel point la subsistance des idées d’un autre âge ont eu un impact sur la société américaine. Il faut dire que les églises sont pour la plupart des institutions conservatrices. Dans une société qui, par la force des idées et des événements, est de toute façon amenée à se transformer et à évoluer dans des directions souvent antagonistes aux dogmes religieux cela ne peut faire que des heurts. Au mieux, cela ne fait que ralentir lesdites évolutions de la société. Au pire, on voit des cliniques où l’on pratique des avortements réduites en cendres, pour ne citer que cela.

Quant à ma camarade britannique (appelons la Kate) son discours est celui de “l’intello centriste qui veut tout concilier”. Pour faire court, l’idée principale défendue dans son article c’est: “Non mais on est en démocratie, chacun son opinion”. Si son article a été publié dans le journal de USC (et qu’il ne l’aurait pas été dans le milieu universitaire français, ou alors fortement critiqué), c’est parce qu’il reconnaît les croyances religieuses comme systèmes de pensée acceptables dans la sphère publique et par la même occasion reconnaît que l’usage de la raison n’est qu’un système de pensée parmi ceux là. Le concept de “liberté religieuse” à l’américaine. Rien de plus, rien de moins.

Le plus gros désaccord que je peux avoir avec cet article c’est qu’en avançant ce raisonnement Kate oublie de dire que non seulement la pensée rationnelle n’est non seulement pas un système de pensée comme les autres religions mais surtout qu’il ne s’agit PAS d’une religion. Plus précisément elle s’en détache et s’en distingue en ce que les cultes ont une forte composante irrationnelle et émotionnelle. 

Et le problème quand on laisse les cultes et religions s’épancher dans la sphère publique, c’est qu’on autorise l’irrationnel et l’arbitraire à s’insinuer dans des décisions qui concernent tout le monde. Et ce tout le monde n’a pas forcément envie d’être guidé par des croyances irrationnelles. Franchement, vous vous imaginez vous faire dire qui vous êtes, ce que vous valez ou ce que vous devez faire par un mec qui n’a aucune existence véridique? C’est pourtant le contexte politique et social des Etats-Unis, des millions de gens qui vivent sous le coup de lois votées par des représentants qui prêchent la “bonne parole” dans les débats publics (il y a encore peu de temps un débat opposant un créationniste et un scientifique n’a semblé choquer personne. La vidéo complète ici). Car on ne le dira jamais assez mais on ne peut pas être libre d’exercer sa religion si celle des autres vous envahit via l’espace public. Trop de religion tue la religion.

Le contraste avec ce que j’ai vécu en France jusque là m’a permis de voir à quel point l’Amérique a un vrai problème avec la religion. La pratique religieuse éclairée prônée par les Pères fondateurs n’a plus rien à voir avec le fanatisme religieux qu’on observe au 21ème siècle et qui a retardé les Etats-Unis d’au moins 30 ans par rapport aux autres pays européens sur le plan social. A contrario, la laïcité, valeur fondamentale de notre République (et pour le meilleur) est une valeur qui permet d’installer un cadre sain dans une société où chacun est libre de pratiquer sa religion à condition que ce soit EN PRIVE. C’est notre manière d’appliquer le concept de tolérance religieuse en respectant l’intérêt général et le bien commun. Quand j’ai expliqué ça aux Américains, certains ont été fascinés, d’autres dégoûtés, d’autres encore incrédules face à notre système: on a le droit d’avoir une religion mais les cultes n’ont PAS leur place dans la sphère PUBLIQUE. Dieu n’a pas sa place ni à l’Elysée, ni à l’Assemblée ni même dans la rue (hein Civitas!). On est est chrétien, juif, musulman chez soi et/ou dans son église/sa synagogue/sa mosquée et pas ailleurs. 

Let’s update that sh*t !

Je vous ai manqués, je sais. Mais pas de panique je suis de retour ! En fait je n’avais pas vraiment disparu, c’est juste que je kiffais trop ma life pour m’arrêter devant mon Tumblr et écrire !Parce que oui, je n’avais pas écrit depuis le … damn ! Depuis le 29 octobre 2013. Bon okay, ça fait un bail.

Bon pour cette fois je vais me contenter de lister brièvement toutes les aventures trépidantes que j’ai vécues pendant ces trois mois et demi d’absence tumblresque. Vous êtes prêêêêêts ? Allez c’est tipar !

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>31 octobre : HALLOWEEN AUX USA. Déferlement de costumes en tous genres et ça a commencé bien avant la tombée de la nuit avec quelques étudiants qui se baladaient sur le campus en pleine journée déguisés en banane ou en Power Rangers. Pour ma part, je n’ai enfilé ma tenue de Kill Bill que le soir venu. Pic or it didn’t happen ? Allez vous faire foutre. Bisou.

>Soirée pizza devant un film chez ma prof d’histoire. Évidemment il s’agissait d’un film historique (Iron Jawed Angels avec Hillary Swank et Patrick Dempsey à voir absolument!) Mais bon, vous connaissez un de vos profs en France qui vous aurait invité dans sa baraque et vous aurait gavé de pizzas, de gâteau à la crème et de Dr. Pepper ?

>Dîner avec mon prof de Sports management. Dîner oui oui ! Tête-à-tête ? Non, non. C’était plutôt du genre casual dinner avec les trois autres étudiants internationaux de ma conf (deux Allemands et un Hollandais) et l’épouse du prof en question. On a parlé sport autour d’un plateau de charcuterie et d’une bonne bière. Sauf pour moi puisque je n’ai que 19 ans, que l’âge légal pour boire aux U.S. c’est 21 ans et que de toute façon la bière c’est dégueu. Na !

>Les partiels ou finals (à prononcer faïnoooowles). J’ai échappé de peu à la catastrophe en réalisant un lundi au soir que j’avais mon partiel d’histoire le lendemain à 10h et non pas le Jeudi. Je m’en suis quand même brillamment sortie avec un A dans cette matière (plus de 90/100). Et j’ai validé mon semestre. Bouya.

Et SWAG (juste pour le plaisir de mettre ce gif que j’adore).

>Les vacances d’hiver. Un mois. Je suis sûrement la seule étudiante internationale à ne pas être rentrée à la maison et à être restée sur le campus qui est littéralement devenu un no man’s land pendant cette période. Mais hola je vous vois venir d’ici en train de vous apitoyer sur mon sort d’expatriée solitaire en terre yankee hostile et inhospitalière ! Déjà j’étais avec mon « autre signifiant » (traduction littérale et pourrie de significant other (abrégé s.o.), expression américaine qui est utilisée pour désigner votre partenaire amoureux de n’importe quel degré : petit(e) copain/copine, conjoint, fiancé(e), concubin(e), époux/épouse…). Il a fait 24°C le 23 décembre (et tiens!). On a assisté au concert gratuit de Kool & the Gang pour le Nouvel An. On s’est ruinés dans plusieurs restaurants en ville. Et sinon on a fait plein d’autres activités dont je ne donnerais pas les détails. Merci.

>J’ai passé trois jours à Boston sur le campus du MIT, là où mon s.o. passe sa 3A. Dans cette fourchette de trois jours j’ai eu le temps d’être malade et de recevoir une tempête de neige sur le tête. Bref on a passé le plus clair de notre temps à l’intérieur.

>Lundi 13 janvier. La reprise.

> J’ai décidé d’arrêter l’athlé pour ce semestre. (Tafiole. Oui c’est mon nouveau nom, vous pouvez m’appeler comme ça.) C’est surprenant mais c’est comme ça et j’ai mes raisons. D’abord, après trois mois sans pouvoir courir, j’ai perdu pratiquement toute mon capital musculaire, en d’autres termes je suis devenue un mollusque. Quand j’ai enfin pu reprendre la course, il me restait moins d’un mois pour me préparer aux épreuves de sélection pour pouvoir intégrer l’équipe d’USC. Mais me direz-vous, ça ne m’aurait rien coûté de passer les épreuves quand bien même on ne m’aurait pas prise au final! Mais figurez-vous, j’ai ma fierté personnelle et ça m’aurait fait mal au c*l de terminer mon 800m en 3 minutes, même « pour le fun ». Et j’ai pris 4 kilos, voilà c’est dit.

>Pour compenser, je me suis mise au jiu jitsu brésilien. On fait des clés de bras, des étranglements, toussa toussa. Bref on se bagarre. Ma seconde nature. J’aime ça.

>Aujourd’hui. Il neige. Fait rarissime ici. Et pour cause, le campus a été fermé aujourd’hui et les cours ont été annulés. Il s’est peu ou prou passé la même chose il y a deux semaines. Dans le reste du Sud Est (où certains n’avaient jamais vu un flocon de neige de leur vie, sans déconner) plein de services ont été fermés et ces quelques centimètres de neige ont créé des embouteillages monstres sur certaines routes de Géorgie. Qui aurait cru qu’il y avait pire que les Français pour gérer la neige !

Voilà. Ce sont les grandes lignes de ces trois derniers mois. Palpitant hein ?!

Promis, je mettrais moins de temps pour publier mon prochain article… Allez, à dans deux mois !

Quoi de mieux que des balles de golf Bob l’éponge pour soigner son aponévrosite plantaire?
Croyez-moi, il existe une logique dans tout ceci. Les balles de golf c’est pour pouvoir me faire un massage de la voûte plantaire pour drainer et assouplir les tissus enflammés. Et Sponge Bob bah… c’est parce que c’était ce qu’il y avait de moins cher sur Amazon. 
That’s all folks!

Quoi de mieux que des balles de golf Bob l’éponge pour soigner son aponévrosite plantaire?

Croyez-moi, il existe une logique dans tout ceci. Les balles de golf c’est pour pouvoir me faire un massage de la voûte plantaire pour drainer et assouplir les tissus enflammés. Et Sponge Bob bah… c’est parce que c’était ce qu’il y avait de moins cher sur Amazon

That’s all folks!

Aponévrosite quand tu nous tiens (par le pied)

Vous vous souvenez du tout premier article que j’ai écrit sur ce Tumblr? Mais si, cet article qui raconte que j’ai trop de swagg quand je rentre sur la piste ou quand je franchis des haies et dont le titre vous suggère que vous êtes des kékettes parce que vous faites pas d’athlé! Et bien mes amis, comptez-moi désormais dans le rang des kékettes, ce semestre je ne suis plus athlète. 

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Vous êtes surpris comme Britney et Patrick? Vous avez une réaction de ce style? : “Quoi?! Thalia a arrêté l’athlé? Naaaan, pas possib’! Elle était là à tous les entraînements même quand il pleuvait ou qu’il neigeait. Elle a même escaladé un grillage une fois pour aller s’entraîner alors que le stade était fermé!" (Ouaich kasdédi sisi). C’est que vous me connaissez bien. 

Comment j’en suis arrivée là? Et bien…

Tout a commencé par un beau matin de septembre. Comme tous les matins je fus réveillée par la lueur du soleil qui s’immisçait entre les lattes de mon volet. Il est 7 heures du matin, mon premier cours débute dans une heure trente. Tout va bien. Je me tortille dans mes draps pour m’étirer puis je me glisse hors de mon lit. Et là horreur… au moment où je pose le pied droit par terre… Aouch! c’est douloureux. Je fais quelques pas, je déambule dans l’appartement pour m’assurer que ce n’est qu’un mauvais rêve. Mais non, je suis bien éveillée. Il est 7h05, je déteste mon pied droit, mon pied droit m’en veut encore plus et j’ai cours dans une heure et vingt-cinq minutes. Je décide tout de même de faire ma journée comme d’habitude sauf qu’aujourd’hui il va falloir serrer les dents pour rejoindre ma salle de cours. 

Mon premier réflexe, c’est d’aller m’informer sur Google. Doctissimo, sante-medecine.com et autres m’apprennent que j’ai potentiellement une épine calcanéene, une enthésiopathie, une spondylarthrite ankylosante, une talalgie port-traumatique ou une aponévrosite plantaire. AAAAAah bah oui, me voilà rassurée…

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Je pense à aller voir un médecin. Et puis je me souviens que ça fait un mois que j’ai oublier de régler un problème avec mon assurance santé et que donc je ne suis pas couverte. Parce que oui, ici c’est les Etats-Unis et pour eux la Sécu qui te rembourse aux deux tiers tes frais médicaux c’est un truc de communiste donc c’est beurk beurk quoi. Bref, aller chez le médecin ici ça coûte un bras et si t’es pas couvert par une assurance qui t’a coûté ton autre bras, t’es dans la merde jusqu’au cou. Dans mon cas, pourtant j’avais payé pour une assurance mais j’étais pas assurée (en France on appellerait ça de l’escroquerie mais comprenez, ici c’est les Etats-Unis). J’envoie des emails pour régler ce problème. Ce fut chose faite le vendredi suivant (cette histoire a commencé un mardi… moi qui pensais que les emails, ça allait vite, j’aurais mieux fait d’envoyer mon pigeon voyageur). Rendez vous pris avec le médecin vendredi après-midi pour apprendre que je n’avais pas besoin d’assurance pour le voir puisqu’il s’agissait d’un praticien affilié au centre médical de l’université où tous les soins sont gratuits pour les étudiants. Great, j’ai perdu 4 jours. 

J’apprends au cours de ma visite que j’ai une plantar fasciitis (qui s’avèrera être, après traduction, une aponévrosite plantaire). En gros ça correspond à une inflammation des tissus sous le pied qui protègent les tendons au niveau du talon. Anti-inflammatoires, glaçage et repos forcé pendant trois semaines. Au moins. Awesome

Direction la pharmacie pour mes anti-inflammatoires. Pour y accéder, je n’ai qu’à prendre l’ascenseur. Eh oui, il y a vraiment tout dans le Student Medical Center de USC. C’est pas beau la vie? Nan c’est moche la vie, surtout quand t’as une aponévrosite plantaire et que t’es aux Etats-Unis. Ouais parce que c’est facile de se dire première puissance mondiale et de faire payer aux gens une assurance à 614 dollars pour six mois qui va vous donner le droit d’acheter une boîte d’anti-inflammatoires à 16 dollars au lieu de 24… Le “deux-tiers payant”… C’est beau le capitalisme sauvage. 

Je vous abrège mes souffrances, ellipse narrative toussa toussa pour en arriver à aujourd’hui samedi 26 octobre, six semaines environ depuis ce matin de septembre où poser le pied par terre est devenu une épreuve. Pour faire court, je ne suis toujours pas guérie. J’ai bien essayé de reprendre le footing il y a deux semaines, mais ça n’a fait qu’empirer les choses. Et ça s’est passé très simplement: j’ai chaussé mes baskets j’ai commencé à trottiner et puis j’ai eu mal. Un coach vous dirait de vous arrêter dans ce cas là, ou même, une personne normale se serait arrêtée aussi, mais moi non. J’ai continué à courir, juste histoire de me faire comprendre que j’avais bien mal… Comme quoi, le cliché sur la stupidité des sportifs n’est pas si infondé finalement.

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Et puis je n’aime pas abandonner une séance, c’est un principe, sinon ça me donne l’impression d’être une mauviette. Toujours est-il que mon pied était toujours douloureux. 

Dans l’histoire, avec toutes ces péripéties et rebondissements j’ai oublié de préciser que depuis la fin août j’ai discuté avec les coachs de l’équipe de USC dont un est Français. J’ai appris que pour intégrer l’équipe, quand on a pas été recruté sur bourse, il faut passer des tests de performance. La date limite pour passer ces tests était le 1er octobre. Vous l’avez deviné, mon aponévrosite m’a fait louper la période d’éligibilité pour intégrer l’équipe, c’est pour ça que je ne suis pas athlète ce semestre…

Du coup, avec mon projet pédagogique (enfin le blabla que j’avais mis sur ma lettre de motivation pour aller dans une université américaine), ce Tumblr perd la moitié de son sens. Mais ola! jeunes gens! je vous arrête immédiatement! Ce n’est pas pour autant que je vais m’arrêter de vous raconter mes aventures. Bon je vais un peu moins parler de sport donc ce sera moins fascinant mais tout de même j’ai un tas de choses à raconter, parce que j’ai décidé de ne pas me laisser abattre par cette histoire d’aponévrosite. Et oui, être athlète ce n’est pas seulement avoir une licence dans un club de sport ou avoir la dernière chaussures à pointes Nike à 200 euros… Être athlète, c’est aussi et surtout savoir faire face à l’adversité et s’adapter à toutes les situations. Rebondir, même après un échec. Ne jamais se laisser abattre, ne jamais baisser les bras. 

Je vous laisse méditer sur ces paroles très solennelles que vous avez sûrement déjà vu sous forme de citation sur divers réseaux sociaux. Je me fais l’économie de venir en coller ici, appréciez juste le florilège qui existe déjà sur Tumblr

Self-Defense for Women 101

Aujourd’hui, c’était le jour de mon dernier cours d’auto défense ce qui désormais. Et non, mon semestre n’est pas terminé, j’ai encore d’autres cours (Eh oh! il y en a qui travaillent ici!) Ce cours était organisé sur un demi semestre, étant donc arrivés au midterm il était temps pour M. Steve Sawyer de nous dire au revoir et bonne chance après nous avoir appris à arracher les couilles du premier boloss qui oserait nous toucher et les lui faire manger casser la figure aux méchants garçons. 

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Bon, bien sûr j’exagère quand je dis que je serais capable de découper les organes génitaux de n’importe quel quidam malintentionné (même si c’est pas l’intention qui me manque) mais en gros ce cours consistait en de l’autodéfense, ce qui signifie qu’on a principalement appris les mécanismes de défense psychologiques et physiques à adopter en cas d’agression verbale et/ou physique. Pas à devenir des tueuses à gages.

Pourquoi j’ai pris ce cours alors? (Parce que oui, tout le monde sait que mon ultime but de carrière c’est de devenir tueuse à gages).

Et bien pour la simple et bonne raison qu’on vit dans une société patriarcale et qu’en tant que femme mes chances sont grandes d’être confrontée un jour dans ma vie à une agression sexiste. J’estime donc de mon point de vue avoir besoin de me protéger. Et pour preuve, on a déjà été informés d’une agression qui s’est passée sur le campus au mois de septembre non loin du gymnase. On a appris le lendemain que c’était l’assistante du prof elle-même qui avait été agressée. Elle nous a raconté comment ça s’est passé et comment elle s’est défendue: “I tazed him right in the balls and he was down the second after" nous a-t-elle dit. Si vous n’avez pas compris, elle lui a mis un coup de tazer dans les boules, le mec s’est retrouvé par terre et elle est partie. Rien de plus, rien de moins.

En bref pendant ce demi semestre de simulation de tentative de viol et d’étranglement on a appris :

  • à se défendre verbalement et physiquement contre plusieurs types d’agresseur: le violeur, le harceleur sexuel, le mari violent, le manipulateur ou juste le mec lourd qui empiète sur ton espace vital
  • à se servir d’armes d’autodéfense comme une bombe lacrymogène (c’est pas aussi simple qu’un petit pshiit croyez-moi) ou un couteau
  • à se défendre contre quelqu’un qui lui-même tient une arme comme un couteau ou un pistolet

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Aujourd’hui, dernier cours, grosse séance. Le prof et son assistante portaient ces espèces de casques de kick boxeurs prêts à se faire taper dessus aussi fort qu’on le voulait. Trois passages chacune sur le tapis central. Le premier passage consistait à traverser le tapis avec une démarche sure et alerte faute de quoi à la moindre faiblesse visible un des deux instructeurs pouvait se ruer sur vous. J’ai du louper un truc au moment de mon passage, parce que l’assistante a commencé à vouloir m’attraper ce à quoi j’ai répondu par une grande baffe avant de terminer mon chemin à l’autre bout du tapis.  Au deuxième passage, même chanson sauf que les instructeurs avaient pour but de nous éjecter en dehors du tapis. Quand le prof a tenté de m’approcher j’ai tenté la carte du rugissement sauvage (on nous a encouragé à user de l’intimidation verbale) et puis comme ça n’a pas suffit j’ai du mettre quelques coups dans les genoux et entre les jambes avant de m’en sortir.

Troisième passage: on nous indique qu’on va essayer de nous mettre au sol. Je vois les autres filles qui passent avant moi se faire jeter comme des sacs sur le tapis et s’engager dans une lutte sans merci avec leur faux agresseur. Pendant ce temps là, les autres filles encourageaient à coup de “frappe le au visage!” ou “mets lui un coup de genou des les c***lles!”. Quand c’est mon tour de passer et que le prof se jette sur moi, je résiste, je donne des coups avant que la lutte ne commence à se faire au sol. Un coup de coude bien placé dans le ventre et le prof se retrouve au sol… vraiment. Il se relève un peu sonné au bout de quelques secondes. Bon il s’était déjà pris des sales coups par d’autres filles quelques minutes avant mais là, j’avais trop l’impression d’être une killeuse!

Avant de quitter le cours, je suis allée remercier le prof, qui m’a félicitée pour… les coups que je lui ai mis par un “Great job Thalia!” puis j’ai eu le droit au “Au revoir!” avec l’accent américain et je suis sortie du gymnase toute guillerette!

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Et sinon, retenez bien que je saurais vous étrangler avec mes cuisses si vous essayez de me violer. 

Dans le même registre, je me suis constitué un arsenal anti boloss. Saurez-vous reconnaître le taser, la bombe lacrymogène (ou pepper spray) et le couteau sur cette image?

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Bref vous l’aurez compris, soyez gentils avec moi.

Ma nouvelle acquisition! Un Women’s cruiser bike pour faire mes trajets sur cet immense campus, aller aux courses et autres balades dans la ville de Columbia!
Manque plus que le béret, la marinière et la baguette de pain sous le bras et je serais the ultimate cliché de la Française!

Ma nouvelle acquisition! Un Women’s cruiser bike pour faire mes trajets sur cet immense campus, aller aux courses et autres balades dans la ville de Columbia!

Manque plus que le béret, la marinière et la baguette de pain sous le bras et je serais the ultimate cliché de la Française!

Être logée aux frais de la princesse

Sauf que la princesse c’est moi et que mon palais me coûtera cette année un peu plus de 7000 dollars pour 9 mois d’occupation alors autant vous en faire profiter un peu!

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Aujourd’hui donc, visite guidée de mon palais : East Quad ! 

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Bon en gros, c’est la visite de mon dorm (abréviation de dormitory (littéralement dortoir) qui est le mot anglais pour désigner les résidences universitaires) qui abrite 443 étudiantes et étudiants de University of South Carolina.

Et puis d’abord, mon palais, il est rose. Ouais, rose. Plus girly tu meurs. J’ai pas d’explication, c’est rose, c’est comme ça et c’est tout.

Passons.

Quand on arrive à East Quad on peut trouver ce panneau

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C’est histoire de vous indiquer que vous êtes bien arrivés à votre dorm et pas à celui d’à côté quand vous rentrez de soirée et que vous avez pas l’esprit très net à cause de quelques verres en trop je suppose. Mais ça c’est mon interprétation…

La suite de la visite c’est par ici!

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Nous arrivons dans la cour de East Quad avec sa terrasse, ses tables et ses chaises où l’on peut papoter avec ses amis ou faire ses lectures à l’ombre des arbres. Bref, la belle vie.

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Poursuivons la visite guidée par la visite du bâtiment à proprement parler. Pour cela, il faut ouvrir la porte d’entrée et pour ouvrir la porte d’entrée il faut passer votre badge ou Carolina Card sur le lecteur sans quoi vous êtes n*qués. Ouais, exactement comme moi quand j’avais laissé mes clefs (et mon badge) dans ma chambre lors de la récente récente alerte incendie. Mais en général, il suffit d’attendre que quelqu’un sorte ou entre avec son badge pour que vous puissiez saisir l’occasion de vous engouffrer par la porte qui s’est alors ouverte.

Donc une fois que vous avez honnêtement ouvert la porte avec votre badge (ou que vous vous êtes glissés comme une taupe par une porte fortuitement ouverte) vous avez deux solutions pour atteindre mon appartement. Soit vous êtes une grosse feignasse et vous prenez l’ascenseur pour monter jusqu’au troisième étage, soit vous êtes trop zdegue (comme moi ouais ouais) et vous prenez les escaliers. Beaucoup de Français prendraient naturellement l’ascenseur pour monter au troisième étage de n’importe quel bâtiment français. Sauf qu’ici on est au Etats-Unis et que l’étage 0 n’existe pas. En gros l’étage du bas ou ground floor c’est l’étage 1 aux US. Par conséquent moi qui suis au 3e étage US= 2e étage FR. D’autant plus que l’entrée principale du dorm se situe à l’étage 2 (donc au 1er étage FR). Je ne sais pas si vous m’avez suivie mais en gros il n’y a qu’un seul étage à monter DONC on prend l’escalier bande de feignasses !

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Vous êtes arrivés au 3rd floor, celui où j’habite, dans l’appartement 305 chambre D. Sur les portes d’entrée, quatre pancartes avec les noms des étudiants vivant dans l’appartement avec des encadrés à compléter, un pour votre lieu d’origine et un autre pour votre champs d’études. Libre à nous de le remplir ou pas, avec des informations véridiques ou pas. Pour ma part, j’ai fait dans le sérieux en indiquant que je viens de Paris, France et que mon domaine c’est les Liberal Arts. Liberal Arts? Oui c’est le terme snob pour dire qu’on étudie de tout et de rien. Surtout de rien. Mes voisins footballeurs US, eux, ils ont décidé de faire les rigolos à base de découpage de mangue, de cueillette de pommes et d’apiculture ou encore de raconter qu’ils sont originaires de la ville d’Arnold Schwartz…

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Bref.

Bienvenue chez moi ! Enfin chez moi et chez mes 3 roomates, ou flatmates puisqu’on partage un appartement, mais roomates ça fait plus convivial et puis on peut s’appeler par des « Hey roomie ! » quand on se croise sur le campus.

Eh oui, vous l’avez remarqué cette année j’habite dans un appartement. Donc c’est plutôt « comme une princesse » que je suis logée puisque la plupart des étudiants qui font l’expérience du dorm à l’américaine sont logés dans des chambres tout simplement. La chambre classique est une chambre de deux mais elle peut aussi être individuelle ou partagée à 3 voire 4 personnes ! Le dorm classique vous impose en plus de devoir partager votre chambre, de partager les douches et les toilettes avec toutes les personnes vivant au même étage que vous.

À East Quad, rien de tout cela ! Appartement meublé, cuisine équipée, deux salles de bains et quatre chambres individuelles. J’ai donc ma chambre à moi, je partage la salle de bains avec une de mes roomies, et on partage le living et la cuisine avec les deux autres. Intimité ET convivialité. La classe ou bien ?

Allez, assez blablaté voici les photos!

Le living et la cuisine:

Les photos de ma chambre (bon j’avoue j’ai tout mis en ordre exprès pour prendre les photos parce que d’ordinaire c’est carrément le bordel):

Nan jdec’ j’ai pas rangé du tout en fait. Sur mon bureau c’est toujours le bordel et c’est comme ça. End of the story. 

Eh oui j’ai un graaaand lit, deux places, un full-sized bed comme on dit ici. Certaines chambres ont des lits de cette taille, d’autres ont des lits simples. Le hasard m’a gratifiée de ce lit bien trop grand pour mon petit corps mais ayant dormi dans un lit minuscule depuis ma plus tendre enfance je ne vais pas m’en plaindre, hein! La légende raconte que des footballeurs US qui auraient occupé certaines de ces chambres les années précédentes auraient eu besoin de lits plus adaptés à leurs gabarits (c’est le terme politiquement correct pour dire “gros corps” vous l’avez deviné) d’où la présence de ces lits surdimensionnés. En vrai, dans mon dorm il y a toujours des footballeurs américains sauf que cette année l’attribution des chambres et des lits ne leur aura apparemment pas profité et c’est tant mieux pour moi!

La suite de la visite c’est le lavabo mitoyen dans le couloir :

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Une photo des toilettes (bah oui forcément, j’aime photographier des toilettes):

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Et puis sinon je dois vous mettre en garde contre une chose qui provoque toujours en moi l’incompréhension quand je la vois… le pommeau de douche américain. Non, le pommeau de douche américain n’est pas accroché au bout d’un tuyau en néoprène translucide. Le pommeau de douche américain, lui, est fixé au mur et puis c’est tout! Et quand tu veux juste te rincer ou laver tes cheveux séparément du reste de ton corps en te penchant au dessus de la baignoire (#problèmedemeuf) et bien… You’re f*cked!

Voici donc en images le f*cking pommeau :

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Evidemment je ne peux pas terminer cette visite guidée sans vous montrer la pièce secrète de mon palais… 

La laverie! 

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Bah oui des machines à laver et des sèches-linge. What did you expect? Une salle du trésor? Tsss.

Ah et pour le Virtual tour en anglais c’est par ici !

Quand l’alarme incendie sonne dans ton dorm et que tu penses à tout emporter sauf ta clef…

Qui que tu sois, jeune étudiant de USC, je te hais pour avoir fait brûler du popcorn ou tes macaronis & cheese et par la même occasion fait déclencher l’alarme incendie de East Quad!

C’est arrivé alors que j’étais en plein skype avec mon cher et tendre, et de la discussion passionnée, je suis passée à la panique désorientée à l’instant où le cri strident de la sirène d’alarme m’a fait bondir devant mon écran. En une fraction de seconde, j’ai oublié tout ce qu’on a pu nous enseigner à l’école en France quand il y a une alerte incendie: laisser ses affaires sur place et sortir dans le calme. A vrai dire, j’ai fait TOUT L’EXACT INVERSE. J’ai cherché pendant d’interminables secondes tous les objets que je jugeais dignes de sauver des flammes et puis je suis sortie en courant. Normal quoi.

 

La clef de ma chambre ne méritait apparemment pas d’être sauvée. Enfin pas autant que mon ordinateur, mon téléphone et mon pull Sciences Po (ouais, ouais je sais, j’ai le sens des priorités..). Enfin ma clef c’est pas ce qui m’est venu à l’esprit instinctivement, voyez… 

Mais une fois dehors et surtout une fois la panique redescendue et que la priorité est de regagner sa chambre bah… on se sent carrément stupide. Surtout quand on doit appeler son réferent de dorm (ça rend moche en français mais je sais pas comment traduire l’expression de Resident mentor ou RM) et dire qu’on est coincé dehors parce que, vous comprenez, dans la panique j’ai pas pris ma clef hein…

Bon tout s’est arrangé et j’ai retrouvé ma chambre et mon lit au final! Tout ça pour dire que même si je me suis sortie saine et sauve de cette aventure j’aurais bien mérité mon Darwin award si j’avais été prise dans les flammes avec mon Macbook et mon pull Sciences Po dans les bras. 

Et à venir très bientôt mes chers amis (promis c’est mon prochain article) la présentation de mon dorm et je tâcherais de faire vite avant qu’il ne ne prenne feu. 

(Ah et pour l’histoire pas du tout sensationnelle, il n’y a pas vraiment eu de feu, c’était juste un dysfonctionnement des ascenseurs qui a déclenché l’alarme…)

Le décalage horaire. Part 2

Après trois semaines ici il serait bien temps que je m’y sois faite! A vrai dire je n’ai pas eu trop de mal à m’adapter, sûrement grâce à ma préparation anticipée au jetlag alors que j’étais encore en France. J’ai même plutôt bien pris le rythme puisque j’ai retrouvé mes mauvaises habitudes : me mettre au lit vers une heure du matin après pour me réveiller la tête dans le sac le lendemain à 7h15 pour aller en cours à 8h30! 

Et puis sinon pour tenir le rythme, il y a les siestes de l’après midi… les loooongues siestes de l’après-midi. Bah oui parce que je n’ai cours que le matin, il faut bien en profiter! Ah qu’il est bon de pouvoir s’affaler dans son lit deux places (full-sized bed ouais ouais. Tiens d’ailleurs l’article sur mon dorm arrive très prochainement) à peine dix minutes après être sortie de cours!


Le truc chiant aussi avec le décalage horaire c’est que généralement il est aux alentours de 20h/21h (exactement l’heure à laquelle j’écris ce post) quand je trouve le temps de skyper mes parents ou mes amis restés en terre françoise. Sachant qu’il faut compter 6 heures de différence ça fait qu’il est 26 he… euh pardon! 2 heures du matin bien entamées… Bref, ceux avec qui j’ai skypé savent de quoi je parle (hein Ouaich!)

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bonne nuit les petits! Pour moi la soirée ne fait que commencer!

Premiers jours d’école à USC !/ First days of school at USC ! (Récit de mes premiers jours de cours)

Aujourd’hui Jeudi 22 août c’est premier jour d’école ! Un 22 août ? Oui c’est tôt mais c’est tant mieux parce qu’ici tout est génial même les cours !

Ça commence pour moi à 8h30 du matin (8.30am comme on dit là bas) par Introduction to African American Studies 202 dans la salle 215 du Humanities classroom building. Je suis très en avance à mon cours alors je discute avec la seule étudiante arrivée dans la salle bien avant l’heure. C’est dingue comme il est facile d’engager une discussion avec une personne qu’on ne connaît pas ici. Une remarque sur un truc banal et hop on peut partir pour une conversation sur des heures !

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Dans la salle, que des étudiants Afro-Américains, évidemment. Et pas mal de mecs balèzes aussi, (des footballeurs (ah précision : quand on parle de football ici c’est pour désigner le foot américain sinon Ronaldo, Messi et compagnie c’est du soccer), tellement balèzes que je ne sais même pas comment ils ont fait pour s’asseoir sur les chaises sans les casser ou sans rester coincés entre le dossier et la tablette. Premier cours, donc, consacré entièrement aux présentations : le professeur se présente, puis les étudiants chacun leur tour. Quand vient le mien je sens un regain d’attention au moment où je précise que je viens de Paris, France (à dire en anglais avec l’accent toussa toussa). Idem dans tous les autres cours. Eh ouais quand on est Français(e) on a grave la cote ici !! Dès que vous mentionnez que vous venez de Paris (et cela arrive à chaque fois que vous rencontrez une nouvelle personne) vous avez droit à un « Wouaaaaaah !!! That’s so amazing !» et alors les gens sont très intéressés par ce que vous pensez des Etats-Unis et vous demandent comment c’est Paris. Du casual tchit chat ou du small talk en somme, mais c’est toujours plaisant de discuter avec des Américains !

Vers 9h le prof annonce la fin du cours parce que les présentations sont finies. Pendant que tout le monde quitte la salle, je vais le voir pour dire que j’aurais peut être des difficultés à suivre le cours vu que je ne comprends pas bien tout ce qui est dit. Il m’assure de faire en sorte de bien parler pour que je comprenne. Poignée de main et « It is a pleasure to meet you ! ». Eh oui les profs sont très friendly ici !

Prochain cours à 10.05am. J’ai le temps. Je décide d’aller payer le premier montant de ma facture du premier semestre : $1,175. Ah, et ils ne prennent pas la carte Visa… Direction le distributeur qui a décidé de ne me donner que des billets de 20 dollars… Hum, je sais ce que ça fait d’être un dealeur maintenant. Je fonce vers les bureaux de paiement et je me débarrasse de tout ça vite fait avant d’aller vers mon cours suivant :

History of American Women 464. 10.05am-11.20am. Je n’ai pas pu m’inscrire à ce cours car plus de place, mais qu’importe, je veux ce cours alors j’entre dans la salle et j’informe la professeure de ma présence clandestine : « No problem, that’s okay ! ». A la fin de l’appel quand tout le monde s’est présenté, elle me cherche du regard dans la salle en disant « Where is my french friend ? Oh here ! ». Je ne me sens plus…

Sport and Entertainment in American Life 110. 11.40am-12.55pm. Cours en amphi, le prof est un véritable showman et ils nous raconte qu’il a fait venir Michael Phelps à un de ses amphis en 2004 après qu’il ait gagné ses 8 médailles d’or à Athènes. Du lourd, du très lourd… !

Politics of spending and taxing 371. 1.15pm-2.30pm. Lors des présentations je me fais étiqueter par le prof comme la meuf qui vient du pays où on taxe les gens à 75 % et de rajouter « Millionaires, dont go to France !». Le contenu du cours à l’air intéressant mais trop de devoirs-maison, un manuel très cher, une calculatrice scientifique à acheter et par dessus tout le prof est froid et cynique. Je vire ce cours de mon emploi du temps.

Bilan de cette journée : mon semestre à USC s’annonce génial ! Les professeurs sont très ouverts et les contenus de cours dépassent de loin mes espérances.

Vendredi 23 août : deuxième jour !

Aujourd’hui je n’ai qu’un seul cours :

Overcoming the Odds in Sport 398. 10.50am-11.40am.

Le cours le plus étonnant qu’il m’ait été donné de suivre. Le contenu est carrément étrange voire inexplicable et ne ressemble pas du tout au cours de sociologie du sport auquel je m’attendais. Il n’empêche, le prof est hyper sympa et très passionnant, la majorité des élèves assument clairement avoir pris ce cours parce qu’ils le considèrent comme un excellent prof et en bonus, il a des airs de Morgan Freeman! Ouais exactement comme ça :

Autant vous dire que trois fois par semaine j’ai l’impression d’avoir cours avec Dieu. Il s’avère que ce mec fait par ailleurs du personal coaching pour des gens qui sont prêts à lâcher $200 par séance pour se sentir mieux dans leur vie. Pour les étudiants de USC c’est entre 14 000 et 38 000 dollars le semestre de frais de scolarité. Pour moi, étudiante en échange c’est ce que je paye à Sciences Po (c’est-à-dire 0€) alors autant en profiter! Tiens d’ailleurs pour liker la page Facebook du Dr Nick, comme on l’appelle, c’est par ici !

 11h40 ou 11.40 am : L’heure du weekend sonne !

Il est temps pour moi d’aller commander mes textbooks, les livres demandés par les profs dans lesquels on trouve la plupart des lectures obligatoires. Et pour ça il faut prévoir un budget assez conséquent. Si je m’en sors relativement bien par rapport à mes amis français dont les prof de business et de management demandent des livres qui coûtent au bas mot à peu près $200, j’ai dans ma liste de livres certains ouvrages atteint les $126. Il faut savoir qu’on peut trouver la plupart des textbooks au Bookstore de USC (qui en plus de vendre des livres propose aussi tout le fan gear de l’université ainsi que quelques produits de première nécessité et d’objets et de trucs plus ou moins utiles quand on vient d’emménager dans un appartement tout vide) à louer ou à acheter, neufs ou d’occasion mais Amazon reste l’endroit où on peut trouver les meilleures affaires compte tenu du prix auquel le Bookstore propose les livres (acheter un livre neuf sur Amazon vous coûtera autant que de le louer neuf au Bookstore). Direction Amazon.com donc, remplissage de caddie virtuel et livraison express pour le lendemain à $26 afin de pouvoir commencer ses readings (lectures obligatoires) au plus vite pour se rendre compte le lendemain samedi que le service de réception des colis pour les étudiants est fermé tout le weekend ! …AAAAAHHH ! (haine et rage intenses).

Weekend de détente et d’oisiveté en perspective. Je passe les détails.

Lundi même programme que Vendredi (ici chaque cours a deux ou trois créneaux par semaine : Mardi + Jeudi ou Lundi+Mercredi(+Vendredi))

Plus un bonus :

Self defense for Women 101- 12pm-1.30pm. (Gare à vos balls les mecs!!). Le prof est un homme d’âge mûr, un grand gaillard avec un peu de bide quand même. Le physique type du coach américain. À première vue on a le sentiment que dès le premier cours il va faire entrer un pauvre mec qui s’est porté volontaire pour se faire taper dessus, protégé par une coque et des coussins scotchés sur tout le corps. D’après ce que j’avais entendu sur les cours d’auto défense, ça, c’était pas le bon plan du tout. En réalité le cours s’est déroulé tout autrement. Le mec commence à parler de confiance en soi et des pleins d’aspects psychologiques de l’auto défense avec des exemples et quelques applications en cas pratiques!

Après avoir vu tous mes professeurs, le bilan s’est révélé hyper positif ! Je n’ai plus qu’à aller récupérer mon colis de textbooks et commencer mes readings (une centaine de pages par semaine, ouais, ouais, il y en a qui bossent ici). Après 3 heures de lecture laborieuse dans a chambre, je peux vous dire que j’ai vite été tentée par la perspective d’emmener mes bouquins au bord de la piscine extérieure du campus pour m’aérer la tête (au sens propre).

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Hey ! What did you expect ? Bah oui j’y suis allée, moi, lézarder une chaise longue au bord de l’eau, bouquin en main, et j’ai même fini mes lectures hehe !

Petit dej’ à l’américaine préparé à la maison!/Homemade american breakfast!
Bon okay il manque le bol de céréales et il y a peut être un peu trop de trucs fruités sur la table mais j’ai pas dit que je voulais devenir obèse non plus hein.
Et surtout… Baguette tu me manques déjà!!

Petit dej’ à l’américaine préparé à la maison!/Homemade american breakfast!
Bon okay il manque le bol de céréales et il y a peut être un peu trop de trucs fruités sur la table mais j’ai pas dit que je voulais devenir obèse non plus hein.
Et surtout… Baguette tu me manques déjà!!

Welcome to University of South Carolina !

Ah mais j’en ai presque oublié de vous souhaiter la bienvenue tellement je prends du bon temps ici. Alors…

WELCOME TO UNIVERSITY OF SOUTH CAROLINA !

Ceci est une des plaques que l’on peut trouver aux abords du campus et qui vous indiquent que vous y entrez. À vrai dire le campus est immense et il est difficile d’en définir les limites. Et c’est une bonne chose parce que cela invite à aller explorer la ville de Columbia qui est la capitale de l’Etat de Caroline du Sud. Le campus est situé en plein cœur de la ville et constitue à lui seul un incroyable microcosme.

J’ai entendu dire que la Caroline du Sud n’était pas l’Etat le plus moderniste des Etats-Unis. Pas étonnant pour ce qui reste un des Etats les plus conservateurs du pays (rappelons que la guerre de Sécession a commencé dans cet Etat à Fort Sumter!).

Mais qu’importe ce que l’on peut raconter, mes premiers jours ici ont été fantastiques, pleins de découvertes et d’agréables surprises! Premier constat : aux Etats-Unis, tout est plus grand. C’est ce que je raconte quand on me demande ce que je pense des US (on vous dira d’ailleurs “Every thing is bigger in Texas!”). Bref, tout ce que vous pouvez trouver en France, transposez le là-bas dans des proportions plus grandes : les voitures, les routes, les maisons, les immeubles, les magasins, l’espace entre les magasins, les portions de nourriture. « Les gens aussi ? » me demande-t-on. - « Non, les gens sont plus GROS ». Et oui c’est vrai, l’obésité aux Etats-Unis n’est pas un mythe raconté aux enfants français pour qu’ils mangent plus de légumes et moins de frites, c’est une réalité. D’un autre côté, le sport est une véritable institution là-bas ce qui sert à compenser les excès du midi. Sur le campus, on croise toujours des étudiants en train de faire leur jogging et je ne vous parle pas de l’incroyable Fitness center qui est à disposition des étudiants (enfin si je vais vous en parler justement, cet endroit mérite un article à lui seul!).

Pour l’exemple voici des photos de quelques campus events rencontrés lors de mes premiers jours:

Répétition de l’orchestre de USC, on a besoin du terrain de football pour que tout le monde soit là!

Rassemblement devant la Russell House, le centre du campus

Il y a une chose aussi qui est beaucoup plus grande là où je suis qu’en France : la gentillesse. Non, non, je ne suis pas au pays des Bisounours et pourtant où que vous alliez ici, chaque personne est prête à vous aider surtout quand vous êtes dans votre extrême détresse d’étudiant international perdu au milieu de ce gigantesque campus. Même dans les bureaux administratifs, les personnes qui y travaillent sont souriantes, pour vous dire. Tout ça, c’est ce qu’on appelle la Southern hospitality, un état d’esprit typique des Etats du Sud qui consiste à se montrer accueillant et serviable en toutes circonstances. Ça met de bonne humeur, je vous le garantis !

Bon je vous laisse, demain c’est premier jour d’école ! D’habitude, je ne suis pas autant ravie par cet événement mais pour une fois que je vais de surprise en surprise je ne peux qu’être impatiente, alors à bientôt pour de nouvelles aventures !

Take care !

First laundry night in South Carolina! Tuesday is going to be laundry night this semester :)

First laundry night in South Carolina! Tuesday is going to be laundry night this semester :)

HEEEEY CAROLINA GAMECOCKS!!!!

HEEEEY CAROLINA GAMECOCKS!!!!

I’m a South Carolina Gamecock now guys!

I’m a South Carolina Gamecock now guys!